A Mr François...

Monsieur,


J'ai longtemps hésité avant de prendre la plume pour vous écrire cette lettre, et même à présent, moi qui suis une lyrique par excellence, je me retrouve démunie devant cette page désespérément blanche, et j'en suis réduite à me poser toutes ces questions que je ne me pose d'ordinaire jamais avant de me lancer dans la rédaction d'un texte. Je ne sais trop comment le dire sans que tout s'en aille, que les morceaux de ma vie se diluent dans le néant...
C'est avant tout une tentative pour vous tendre la main, un pas dans votre direction, vous qui m'impressionnez tant, sans doute car vous représentez une autorité de référence... Vous me semblez parfois tellement étranger au monde qui vous entoure, perdu dans vos rêves de gloire ou d'un bonheur que vous tendez à atteindre. J'ai parfois peur que vous vous envoliez tel un oiseau, et que je ne puisse plus vous atteindre... Je voudrais vous attirer par une brise délicate, et vous reposer en douceur sur le sol, pour ne pas vous faire de mal... J'aimerais que l'espace d'un instant, votre regard se pose sur mon visage, avant que vous ne détourniez les yeux précipitemment, pour oublier bien vite... J'aimerais que vous serriez ma main très brièvement, avant de reprendre conscience de votre réalité, tandis que mon fantôme éthéré s'en irait se perdre dans les limbes de votre mémoire...

La seconde partie est plus difficile encore à exprimer, concernant les rêves et les mirages...
J'aimerais m'appeler Thalie, rien qu'une journée, rien qu'un moment fugace, une minute de vie furtive, qui irait se cacher dans l'embrasure d'une porte une fois le morceau joué... Je monterais jusqu'à la lune et j'en arracherais quelques perles de diamant, quelques carats de richesse et d'amour, quelques pépites de lumière et de gloire, pour que le monde m'adule, et je reviendrais déposer devant la porte des mirages mon diadème, mon collier de perles et ma robe de soie... Ainsi, quand votre coeur vous porterait d'aventure à vagabonbder, vous trouveriez devant la porte de vos rêves les fragments de lumière que j'y aurais laissés, peut-être par oubli, ou alors à dessein, pour qu'ils viennent vous apporter le bonheur.

Alors, vous vous demanderiez sans doute qui vous aurait laissé ces présents, et vous chercheriez... Pour trouver une éventuelle muse, qui vous apporterait l'inspiration nécessaire, mais vous ne saisiriez que quelques lambeaux de rêves accrochés à un rosier, que quelques senteurs florales en suspens dans l'air ambiant... Vous ne parviendriez qu'à saisir une ombre, que vous appelleriez Thalie, par dérision ou par envie subite, et qui vous apporterait un peu de cette inspiration que vous auriez cherché.
Quand un beau jour, j'aurais maintenu mes artifices un peu plus longtemps que de coutume, vous auriez pu voir mon visage, saisir dans ma main une étoile aussi brillante que le soleil, et ramasser sur l'herbe verte une pierre rouge, légèrement poreuse, comme un cristal fragile, que vous auriez mis dans votre poche sans plus y songer, pour l'oublier bien vite...
Il faut que vous preniez garde à ne pas laver votre veste en y oubliant la pierre rougeoyante, qui se briserait alors en un amas de fragments tranchants qui enrayeraient votre machine et déchireraient votre veste... Sans qu'une muse vienne l'emporter dans son univers pour la repriser avec soin. Alors, je vous en conjure, faites attention...

Sachez juste, que si vous demandez à Thalie de vous décrocher la Lune, elle vous l'apportera sur un plateau d'argent, agrémentée d'étoiles de rêve et de comètes d'espoir...


# Posté le samedi 18 octobre 2008 19:28

Modifié le jeudi 25 juin 2009 06:12

Elle raconte ...

Elle raconte ...
Mon regard se tourne vers le haut, plus haut que l'escalier en colimaçon qui s'enfonce dans les étages, se pose sur le balcon surélevé qui attend, là-haut, comme une promesse, un espoir fugace...

L
à, des ombres, des mirages et des éclairs soudains, traces éphémères de passages étrés, fantômes étranges de mille couleurs iridescentes...
C
elui que je cherche n'y est pas, ou est passé, furtif, rendant impossible au chasseur la dure tâche de le pister...

Cet homme étrange, fait de brumes et de nes s'infiltrant dans les esprits, se dilatant dans les pensées pour éclater en rêves changeants, cet homme est l'idéal fictif que tout un chacun recherche, sans jamais y parvenir
.


quelle plus belle façon de dire: je vous aime?
Again...

# Posté le mercredi 10 septembre 2008 12:17

Modifié le mercredi 08 juillet 2009 13:49

Elle raconte ...

Elle raconte ...
Je monte les escaliers d'un pas fébrile et pressé. Un océan de peut-être coule dans ma tête, et j'oublie tout. Je ne vois que du bleu, du rouge, du violet... qui se mélangent continuellement, comme une immense fresque toujours en mouvement. Je sens le sol dur sous mes pas, je compte machinalement le nombre de marches à monter encore, pour toucher au but. J'entends un brouaha inextricable en bruit de fond, mais je me fais sourde à cette clameur. Seul, le silence domine. Un silence blanc, sans teint, sans couleur, comme ouaté, qui étouffe tout. Je ne pense plus qu'à une seule chose: encore une marche... encore une... encore... Il faut que j'arrive au deuxième étage. Ces mots se bousculent dans mon esprit comme des enfants turbulents, ils m'enveloppent de leur parfum acidulé, ils se collent contre mon visage, s'accrochent à ma peau. Je monte, l'oeil hagard, le cheveu en bataille, sans même me rendre compte que je viens d'être appelée par une voix qui s'éloigne... Elle est déja si lointaine, je l'ai à peine entendue, encore moins écoutée. Le ressac des vagues roulant sur les rivages de ma pensée envahit tout, et j'y vois juste assez pour me raccrocher à la dernière bribe de rembarde, noire brillante, et écaillée par endroits par le temps. J'y suis. Au deuxième. Enfin...

Je me hate dans le couloir, en passant fébrilement la main dans mes cheveux de flammes, je croise des silhouettes qui me regardent avec étonnement sans leur accorder un regard. Je sens mes jambes trembler sous moi et mes mains devenir moites. Je pose mon regard sur la porte du pays des rêves... Fermée, comme toujours. Elle n'est jamais ouverte, cette porte. Ou alors elle l'est... aux mauvaises personnes. Le chant du merle résonnant dans mon esprit se change en lamentations funèbres. La joie et l'impatience de mon coeur retombent comme un soufflé raté. Une immense goulée d'oxygène entre dans mes poumons. J'avale. Une boule de tristesse et de déception. La pilule bleue est amère et difficile à avaler; avec elle glissent tous mes rêves... Et tant d'espoirs. Je me demande avec un soupir si je pourrai un jour pousser cette porte comme je le faisais avant. J'ai l'impression d'avoir perdu une partie de ma flamme de vie. Je tourne les talons, telle le condamné se rendant à l'échafaud... et je pose le pied sur la première marche de l'escalier sombre. Tout a perdu sa saveur, je peux bien tomber... Je m'en fiche. Un râle d'agonisant rythme chacun de mes pas, faisant sans fin retentir son cri lugubre... Je m'écroule et me répands jusqu'en bas plus que je ne descends, titubant comme un ivrogne chronique, l'oeil injecté de sang, frissonante. Il fait si froid...

Déja j'
entends le hurlement du loup sonner le glas de mon espoir. Allons, il faut que je retourne à mon devoir...




Je reviendrai.

# Posté le lundi 08 septembre 2008 13:02

Modifié le vendredi 15 mai 2009 11:32

Crépuscule...

Crépuscule...
Vois-tu au crépuscule le soleil se cacher...disparaître lentement à l'horizon tandis que retentissent les chants d'oiseaux... A la mer, il semble se noyer dans l'eau. A la montagne, il se reflète sur les glaciers. Il a toujours cette couleur orangée, puis rouge. Les nuages dans le ciel prennent des teintes pastel, orange, rosées ou violacées...
On ne distingue plus qu'à moitié ce qui nous entoure et déja l'on entend le doux chant d'un rossignol... et l'on observe le ciel, l'horizon, ou encore on scrute les arbres pour apercevoir l'oiseau enchanteur. Et peu à peu la nuit tombe et remplace cet instant, magique entre tous. Le manteau enténébré, piqueté d'étoiles, s'étend petit à petit sur notre univers...
Il faudra attendre un autre crépuscule, lointain peut-être, où ces instants reviendront en mémoire, et où l'on retrouvera la plénitude du moment.







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Elle contemple le monde de haut de son balcon, les yeux perdus dans les Etoiles. Elle contemple son univers, assise sous un arbre, devant un parking de lycée. Elle regarde souvent par la fenêtre, pour apercevoir des anges, des nuages et des chimères. Elle réfléchit, quand elle le veut. Elle en est capable, et elle le sait. Elle aime paraître intouchable, elle aime paraître sadique. Paraître.
Elle vit pour réaliser son rêve. Ses rêves. Et ceux des autres aussi, tant qu'à faire.
Elle habite près des colonnes blanches, de la haute tour et du grand lycée. Elle joue sur son instrument des mélodies, et elle participe aux concerts, parfois. Elle murmure à mi-voix des chansons oubliées, surtout quand le soleil l'éclaire. Elle jette sur le papier des mots enfiévrés, des poèmes étranges, mi-fumées, mi-mystères, les prémices de ses rêves, la poursuite du livre de son Histoire. Elle sourit aux chimères. Elle sourit aux étoiles. Elle sourit à la mer, du haut d'une falaise. Un jour.
Mirage. Viendras-tu?



# Posté le mardi 11 juillet 2006 16:17

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:57