Un mot, Mademoiselle.

Un mot, Mademoiselle.
[- Un mot, Mademoiselle. Un mot.
- Etoile...
]
[Crise d'identité.]


- Tu t'assimiles à Antigone, pas vrai?
- Oui...
- Ca se voit.

Cours de théâtre, deux jeunes femmes. Ne rien montrer, surtout. Ne rien laisser paraître. L'une d'elles a baissé la tête. Comme un coup de poignard en plein coeur, qui souligne une stupidité sous-jacente. Elle tourne son regard vers la fenêtre et regarde la pluie tomber. Antigone... Ouais. Et pourquoi pas? Elle était courageuse, Antigone, elle était idéaliste. Elle n'aimait pas la réalité. Elle hausse les épaules et laisse couler. C'est juste une vexation de plus, rien que de très normal, en somme. Elle essaye de sourire.

- Rhaaaaaaaa, il est trop beau!
- Il y a vraiment trop de bruit, dans cette classe...

Une classe dans laquelle un professeur vient d'entrer. Au dernier rang, près de la fenêtre, deux filles rugissent leur admiration pour l'homme. Impossible de ne pas les entendre, dans ces conditions. Les autres élèves se retournent, outrés. Ils n'auraient jamais fait ça, eux. Cela manque vraiment de subtilité, de tact. De ce je-ne-sais-quoi, qui rend les déclarations d'amour touchantes. Qu'est-ce qu'on juge, de la marchandise? C'est honteux. Il doit se sentir gêné. Tout le monde se sent gêné pour lui, puis il part et tout le monde reporte son attention sur le cours. Tout juste bon pour une anecdote de couloir...

- Tu sais, l'important c'est d'y croire.
- Laisse tomber.

Elle baisse les yeux vers l'écran de son téléphone et hausse les épaules. Admettons, que son amie se sente défaitiste si elle veut. Elle essaiera de lui rendre son sourire, la foi qu'elle a perdue. Elle, elle croit en sa bonne étoile. Elle sait qu'elle va réussir, c'est tout. Un jour... L'espoir ne se perd jamais.

- J'ai peur...
- Ne surjouez pas.

Mais elle n'a jamais été aussi naturelle que dans cet instant, sur le point de pleurer devant tous ces regards qui la contemplent fixement. Elle ne sait pas quoi faire, elle se sent nue, à proprement parler. Elle ne sait pas comment faire pour se protéger. Elle lève les yeux ; le professeur la fixe d'un regard pénétrant. Elle a encore plus peur.

- J'ai peur des gens.
- C'est pas vrai...
- Si.

Et alors? Qu'est-ce que ça peut bien te faire? L'idée ne t'a jamais effleurée, pas vrai? Avoir peur des gens, c'est tout simplement fou, n'est-ce pas? Vas-y, dis que je suis folle. Au point où j'en suis... Je me sens vraiment mal. Qu'est-ce qu'elle a, à me contempler de son air ébahi? Oui, j'ai peur. Est-ce que je suis folle? Je ne crois pas. J'ai peur de l'être, comme tous les autres. Je ne veux pas sombrer dans le délire. S'il vous plaît, faites que je ne sois pas folle. Je vous en supplie...

- Vous m'aviez dit que vous vouliez un poème en prose... Le voilà.
- Attends, j'écris un poème en prose pour Monsieur V.

Elle regarde autour d'elle, un sourire aux lèvres. Devant elle, sur un siège, un homme écrit. Elle est contente d'être là, tout simplement, mais elle n'a pas beaucoup de temps. Il faudrait qu'elle file, qu'elle retourne à sa salle de classe. Pourtant, elle a envie de rester ici pour toujours. D'apprendre à mieux connaître cet homme qui lui fait face. Il a l'air de mauvaise humeur, préoccupé, sans doute... Elle sourit de nouveau. Cela ne fait rien, aucune importance. Il doit avoir ses raisons, lui aussi...

- C'est mieux, mais c'est pas encore ça.
- T'as eu combien ?
- Neuf. Et toi?
- Quinze...

Honteux d'avoir une bonne note quand les autres se ramassent plus ou moins lamentablement. Mais où est la honte, dans cette affaire? Devrait-elle avoir honte de sa note? Non, mais elle ne devrait pas en être fière non plus. Et agir comme si c'était normal? La prétention incarnée. C'est difficile, d'être bonne élève... Parfois.

- J'ai deux heures, là...
- Tu veux me tuer, c'est ça.

Le jeune homme sourit à la demoiselle, qui rit en lui répondant. Un rire qui ne s'étend pas à ses yeux désespérément froids. Même si elle ne le montre pas, elle a vraiment mal. Elle a vraiment l'impression que quelqu'un lui enfonce un couteau dans la chair, à un point particulièrement douloureux. Elle ne doit rien montrer, surtout pas de jalousie ni de tristesse, alors elle rit. Fort. L'illusion marche, elle a toujours été une reine de l'illusion. La jeune femme intègre le garçon dans son groupe. Elle l'aime bien...

- J'espère qu'il ne sera pas trop désespéré et qu'il va rigoler.
- Je ne comprends pas pourquoi t'as fait ça.

Les deux jeunes filles discutent dans le couloir. L'une d'elles hausse les épaules. Elle avait envie, tout simplement. Elle veut profiter de cette année, boire le calice jusqu'à la lie, et sombrer dans les pires excès. Elle veut aimer tout le monde, être aimée de tout le monde. Son amie la comprendra, elle a les mêmes envies. Enfin, peut être. Elle l'aime, elle aussi.

- Madame, vous savez quoi?
- Non ?
- Je vous aime bien.

Surprise dans les deux camps. Comment a-t-elle dit ça? Pourquoi a-t-elle dit ça? Aucune des deux ne le sait. C'est dit, pourtant. C'est tout ce qui compte. C'est vrai, également. C'est une déclaration d'amitié...

- C'est pas toi qui chantes, là.
- Si.
- Nan, c'est pas toi, c'est du falsifié. Efface.
- ...

Elle baisse les yeux sous le regard de sa mère. Elle ne peut pas comprendre qu'elle chante. Elle ne la croit jamais quand elle prétend que c'est elle. A chaque fois, la remarque la fait souffrir. Ce n'est jamais elle qui fait les bonnes choses, mais elle se trompe tout le temps. Elle n'en fait jamais assez, jamais. Elle voulait être quelqu'un de brillant. Elle voulait être un génie, rien que pour lui faire plaisir. Ca ne marche jamais... Elle a l'impression qu'elle n'est jamais contente d'elle. Elle se sent très triste. Elle s'enferme dans sa chambre.


[- Un mot, Mademoiselle. Un mot.
- Etoile... [désir de certitude. Limbes de désespoir. Imparfaite.]
]

# Posté le mercredi 21 octobre 2009 11:33

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 16:21

Some st*rs in the e*es.

Some st*rs in the e*es.
Oh mon dieu
Je crois bien
Que j'ai des étoiles dans les yeux.


Tu vois, le vide?
- Ouais...
- Ben voilà.
- Je ne comprends pas.
- C'est pas grave...




" "Plus rien n'a d'importance, puisque je n'écoute plus la vie, et que la vie ne m'écoute plus. Je ne ferai jamais demi-tour, cependant. J'ai toujours aimé être ici. Faire semblant. Semblant d'écouter, de parler, de travailler. Jouer à ce petit jeu. Pourquoi pas? Il fait beau, dehors..."
- Mademoiselle *, qu'est-ce que je viens de dire?
"Je dessine, j'écris sur le papier blanc. Encore et encore, puisque rien ne peut m'atteindre, à part votre regard résigné, mais je doute que vous prêtiez la moindre attention à ma petite personne, n'est-ce pas?"
- Mademoiselle?
" Faisons comme si vous pouviez m'entendre. Faisons comme si vous posiez votre regard sur mes pages. Je suis sûre que vous pourriez lire en moi comme dans un livre ouvert. N'est-ce pas? "
- Qu'écrivez-vous, Mademoiselle?
-... Rien du tout !
"Non, ce n'est pas comme si je mélangeais mes mots. Je suis attentive, allez. Regardez-moi. Je suis sage. Regardez-moi..."
- Rangez-moi ça.
- Tout de suite.
"Rien. Une feuille d'automne qui tombe d'un arbre dépouillé. Est-ce que ça fait mal de perdre ses feuilles? Est-ce qu'il me reste des feuilles à perdre?"
- Qu'est-ce que c'est, ça, Mademoiselle?
- Une... rose.
" Dessinée, reproduite des centaines de fois au crayon papier, multipliée, démultipliée, fragmentée en mille épines, en mille pétales d'un rouge mordoré. Un cliché ridicule qui continue de paraître attrayant."
- Je vois.
" Non. Vous ne voyez rien du tout."
- Tâchez d'être plus attentive, à l'avenir, si vous ne voulez pas rater vos examens.
- O... Oui.
" Mademoiselle * n'a pas d'existence, Monsieur. Ce n'est qu'un masque, si vous n'arrivez seulement pas à voir qui est Mademoiselle *. En conséquence, suis-je obligée de vous écouter?"
- A...?
- Oui Monsieur?
- J'ai entendu. "



[Manger est synonyme de désir. Heureusement que la confiture a bon goût...]

# Posté le lundi 14 septembre 2009 12:17

Modifié le vendredi 16 octobre 2009 11:51

Dépravation

Dépravation
14/07


J'ai du sang sur les mains, du sang chaud et collant. Mon propre sang qui dégouline en fins ruisselets. La souffrance et le plaisir, indiciblement liés. Je me tue lentement, à petit feu, laissant mes plus bas instincts prendre la relève. Lesir au creux des reins, qui m'étreint comme une chape de plomb. La luxure qui me recouvre entier, comme un cocon malsain dans lequel je me complais. Elle est belle, l'innocence bafouée. Suis-je bête; quelle innocence? J'ai joà ce petit jeu, longtemps, jusquce que je m'effondre, prisonnier de mon propre piège. Elles ont joué avec moi, moi leur maître, et j'ai perdu. J'aimais jouer, les rendre dépendantes de ma simple présence. C'était un jeu dangereux, primitif. Une loi du plus fort où seul l'instinct comptait. Dans la nuit, dans les ruelles sombres. La nuit a toujours été mon alliée. A quoi servaient-elles, toutes autant qu'elles étaient ? Des objets, je ne les revoyais jamais. Le désir qui me tenaille. La honte qui me submerge. Que m'avaient-elles fait, ces filles? Leur seul tort a sans doute été de me faire confiance. De répondre à mon jeu, avec un air canaille. Je me suis bafoué moi-même, dans la luxure et le stupre. Bafoué mon idéal de vie. Il faudrait que je fuie, que j'oublie ce que je fais chaque jour, chaque soir de ma vie. Il faudrait que j'en croise une, pour jouer, à nouveau. Qu'elle s'abandonne comme un petit oiseau fragile, dans ma toile. Ha, une belle toile... je me suis englué dedans. Pris à mon propre piège de débauche, enferen Subure sans espoir de retour.
A la merci
de l'animal qui dort en moi, sans aucun contrôle. Je revois des centaines de visages sans âmes, des visages que j'ai possédés l'espace d'un instant avant de m'en débarrasser. C'était le moment le plus jouissif, je le crois. M'en débarrasser d'un coup.
Pourq
uoi des regrets, maintenant? Je me suis perdu. Je les ai détruites, une par une. Je me suis enfoncé dans des ténèbres toujours plus opaques. Je suis à peine plus qu'une te sauvage, chez qui la raison s'est tue. C'est toujours plus dur à supporter le jour, traîner ma carcasse purulente sur les pavés gluants de la ville. La nuit masque le visage et le forfait. Heureusement, cette fois, j'ai pu éviter le pire; au prix de quel effort? La conscience... Je dois fuir de cette ville. Je dois oublier tout ce qui m'attache encore ici. Le sang sur mes mains. Endiguer ce plaisir pervers qui me submerge quand je joue, cette volonté d'aller toujours plus loin, de ne plus m'arrêter. Je veux le ressentir encore; je ne veux plus souffrir. Ce jeu pervers me tue, me réduit un peu plus à néant chaque jour. J'ai bafoué leur innocence et ma pureté.
Le dégt de soi qui envahit tout mon corps, sans pour autant anéantir la bête qui sommeille en moi. Je dois partir. Je le dois. Il le faut. Pis; je dois me racheter à mes propres yeux. Impossible... La Seine est si belle ce matin. Elle étincelle sous le soleil... Mon reflet n'en sera que plus terni. Le Seine est si belle ce matin...


(le journal s'interrompt ici. la page suivante est gondolée par l'eau. Les pages se froissent sous l'action du vent. On jurerait que le petit carnet va s'envoler d'une seconde à l'autre, ou tomber dans l'eau de la Seine, qui scintille à quelques mètres de là. Un chapeau noir s'en va lentement à la dérive...)


[wanna see my star.]

# Posté le mardi 14 juillet 2009 13:56

Modifié le lundi 27 juillet 2009 17:36

Etoile.

Etoile.
Je n'aime pas que l'on me dérange. Je n'aime pas déranger les autres. On m'a dit d'en parler; il paraît que j'en parle bien. Ainsi soit-il.

C
e n'est même plus un désir, mais juste un besoin, d'apercevoir les chimères impalpables qui peuplent ma vie. C'est plus qu'une envie que la nuit vienne, c'est une cure d'étoiles chaque jour. Ce n'est pas seulement le coeur qui bondit dans la poitrine, et le regard qui se trouble, c'est une envie d'y rester pour toujours. Il semblerait que j'aie donné mon âme au diable pour cela, tout simplement. Soit, je la lui abandonne de bon coeur, lors que mes pensées s'envolent. C'est un exploit, je le pense, de ne pas y penser durant une journée entière, du lever au coucher. Ensuite, advienne que pourra, n'est-ce pas? Je ne suis pas responsable de mes rêves. Puis, toutes les petites phrases assassines que l'on peut entendre au détour d'un couloir, au cours de la journée. Mais les sourires, aussi. Le courage qui vous soutient. Alors même que c'est désespéré, mais le terme est sans doute un peu fort. Je dirais plutôt inutile, inutile de se pencher à la fenêtre en ce beau jour ensoleillé, où l'on sait pertinemment que la nuit n'est pas encore là. Et compenser l'absence des mirages, s'inventer des âmes illusoires qui rendent un semblant de sourire sur mes lèvres. Ne pas savoir pourquoi, par ailleurs. Je vous en pose, des questions? Non, je ne sais tout simplement pas. Cela ne me gêne plus. Comme si j'avais la certitude que ce n'est plus une probabilité, mais un avenir. Ah, l'espoir. Que serait-on sans l'espoir?

Puis, envoy
er de la lumière, de la chaleur vers les étoiles, aussi fort que l'on peut. Fermer les yeux, se concentrer, se demander si elles la recevront. Est-ce un crime de les voir dès lors que mes yeux se ferment? Voir le soleil se coucher lentement, et y penser. Rêvasser, accoudée à la fenêtre. Penser à la seine. Y penser encore. Sentir un effluve enchanteur qui embrume les sens. Une de plus. Dieux. Il y en a qui se piquent, d'autres qui boivent, d'autres qui fument. Chacun est drogué à sa manière, me direz-vous. Moi aussi, sans doute. Quelque part.

Je c
rois que je ferais n'importe quoi pour les retenir, ces étoiles. Mêmes si ce sont des étoiles filantes, après tout. Des étoiles fuyantes, oui. Quand je me couche, chaque soir, j'ai une pensée pour elles. Etoiles d'infini, promesses de meilleurs jours. Tout simplement, veiller sur elles. S'inquiéter quand elles ne sont pas au rendez-vous, se sentir heureuse quand elles passent fugitivement dans mon champ de vision. Les voir partout, ou du moins le croire.

Que dir
e sur ces étoiles? Oui, elles ne sont pas parfaites. Sans doute ne brillent-elles pas assez, et leur couleur n'est pas totalement pure. Bien sûr que je le vois. Et ? Ce n'est pas pour cela que je les en aimerai moins; au contraire. Il faut savoir s'en approcher. Bien, je me fabriquerai des ailes, à l'instar de Dédale. Pourquoi pas, dans un monde où tout devient possible? J'attendrai qu'elles veuillent bien lancer un bref rayon dans ma direction, et je le transformerai en énergie, celle-là même qui me fait rayonner, m'occuper des elfines et des enfants perdus. Le soleil ne m'a jamais suffi, il est bien trop violent. Mes étoiles sont discrètes mais je peux les observer sans risquer de me brûler les yeux. Un jour, moi aussi, je deviendrai une étoile, ou l'ange d'une étoile, pour veiller sur elle comme je voudrais pouvoir le faire, pour l'éternité. Je l'attendrai. Parce que, malgré tout ce que l'on peut en dire, je l'aime, cette étoile. Je l'aime plus que mille soleils.


[*]

[Autant boire le calice jusqu la lie.]

# Posté le mercredi 17 juin 2009 15:06

Modifié le samedi 04 juillet 2009 19:40

Théatre, shit et réflexions.

Théatre, shit et réflexions.
Ubu Roi. Comédie Française.
Comme d
es mots qui se bousculent encore, qui sortent au hasard, un peu vulgaires sans doute, dans une mise en scène osée. Oui, un peu de trop, parfois, dans leur ton, dans leur actions. Un peu de trop et pourtant le rire s'échappe, cristallin, de mes lèvres hésitantes. Un peu de regret, sans doute, de n'avoir pu suivre l'action comme cela aurait pu se faire. Dommage. Un peu d'inattention, le regard qui dévie légèrement, très légèrement, vers la gauche avant de se reposer sur les personnages, pétillant. Oublier tout dans la trame de l'histoire, prendre juste, parfois, un peu de recul et en sourire. Voir du coin de l'oeil le détail qui échappera à tout le monde, et rire, encore. Joie exubérante qui se manifeste.
Applaudir, dans le noir, les mains qui battent convulsivement, sourire aux acteurs tout en sachant parfaitement, farpaitement, que cela sera inutile, encore. Ne pas s'en soucier. Applaudissements dans lesquels s'unissent tous les spectateurs pour ne former qu'une seule entité. Puis, sortir, passer devant un miroir. Le regard qui dévie, très légèrement, vers la droite, qui aperçoit untail malvenu, qui s'horrifie. Lentement, très lentement, se tourner vers le reflet qui nous fait face, replacer une bretelle insouciante qui a cru le moment venu pour se laisser choir le long du bras. Relever les yeux; la chimère est passée, une main dans les cheveux. Attendre, descendre, sortir dans la chaleur du samedi après-midi. Le regard perdu, qui cherche, puis qui trouve. Soulagement. Un au revoir à peine esquissé, des ailes qui poussent aux pieds, s'envoler le long de la rue, toujours plus loin. Tantôt nonchalante, tantôt étonnée, tantôt joyeuse, tout simplement. Et toujours ce regard qui dévie, vers l'autre bout, là. L'impression d'être proche, finalement.

Pu
is, plus rien. Se sentir triste, écouter de la musique, à fond. Celle qui nous emporte. Réfléchir. Sourire, timidement. Songer aux bons moments, retrouver l'amitié. Puis le soir, la fumée, les gens. Ne pas connaître tous ces visages, mais danser, tout simplement, dans la poussière et les chants. Se laisser porter, onduler au rythme de la mélodie qui s'égrène. La tête lourde, enfumée de vapeurs. Respirer l'odeur d'une cigarette, enfin. Soulagement, puis la routine, qui reprend. L'herbe qui imprègne les cheveux, les vêtements. Sentir Son odeur, Son parfum, partout. Et l'herbe. Voir Sa silhouette, partout. La vision qui se trouble un peu. Chercher à respirer cette odeur, une autre fois. Une autre, une autre, encore une autre. Est-ce que mon odorat se dérègle? Ne plus trop savoir ce que l'on fait, juste, danser, s'asseoir dans l'herbe et penser aux étoiles. Escalader un grillage, voir les gens s'enfuir, ne pas avoir peur. Danser, toujours, au milieu de ceux qui allument les braises rougeoyantes de la folie. Essayer de conserver ses esprits. Sentir, encore, encore, ecnore, cette odeur piquante, qui prend à la gorge. S'y habituer presque. Et toujours ce parfum, qui flotte, comme en suspension dans l'air. Vouloir savoir d'où il vient. Où sont mes étoiles?

Rentrer au milieu des rires et de la fumée, en silence. Penser. Allongée sur le sol, ne rien dire, la tête lourde, sortir pour se changer les idées. Le ciel est noir. Il y a des étoiles... Courir, par terre, parler. Parler des étoiles, encore et encore. Espérer les étoiles, de tout son coeur. Sourire aux enfants qui nous tendent les bras. Chaud. Chaud. Et tard. Envie de parler, de penser, toujours. Que cela ne s'arrête plus. Plus. Et rentrer. Stars in my mind. Voilà. Pousser la porte, les fruits, les gâteaux à la châtaigne. La chaleur d'un traversin, late sur l'oreiller, les yeux qui se ferment. Etoiles. Je vais rêver d'étoiles.



*



Car les astres se rencontrent à Neverland.



[Comment se sentir vivante, vraiment. D'un regard, de quelques paroles. D'un parfum, d'un air embarrassé, d'un hochement de tête. D'un sourire. Sentir le réel près de soi. Etre certaine que tout ira bien. Je le savais. Je ne sais pas pourquoi, mais je le savais. Une étoile, qui brille. Elle n'est plus si loin.]




"If I could kiss you now
Oh I'd kiss you now again and again
'Til I don't know where I begin
And where you end..."
Juste, Merci.

# Posté le lundi 08 juin 2009 15:31

Modifié le jeudi 25 juin 2009 06:16